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Répondre à une demande croissante

Chaque jour, nous faisons tous appel à l’énergie, sous de nombreuses formes. Nos besoins vont augmenter dans les décennies à venir en raison de la croissance démographique et de l’amélioration des niveaux de vie.

Dans les pays émergents, la croissance des revenus et l’urbanisation devraient stimuler la demande de combustibles destinés aux logements, et d’énergie utilisée pour produire et expédier tout type de produits manufacturés. Le nombre de véhicules sillonnant les routes mondiales va augmenter de 80 %.

Toutefois, la croissance la plus forte concernera l’électricité, énergie invisible sur laquelle notre société moderne compte en permanence pour éclairer et chauffer les maisons, alimenter les appareils électriques et les bâtiments, ou faire fonctionner les industries.

À l’horizon 2040, la production d’électricité représentera sans doute 40 % de l’ensemble de l’énergie consommée dans le monde.

Le secteur des transports

La vie moderne stimule la demande en énergie, celle qui nous emmène au travail, propulse les trains avec lesquels nous allons voir nos amis, les avions que nous prenons pour aller signer une affaire ou passer du temps avec des êtres chers. 

C’est aussi la vie moderne qui crée la demande en énergie qui alimente le commerce mondial. C’est l’énergie qui apporte les matières premières à une usine, c'est elle qui envoie des aliments, des médicaments ou des équipements modernes à des milliers de kilomètres, vers un magasin local, ou même directement chez vous. 

Dans les décennies à venir, les progrès de la technologie continueront à créer des moyens de transport plus propres, plus efficaces, nécessitant moins de carburant. Même dans de telles conditions, nous prévoyons que la demande mondiale de transport continue à augmenter : la croissance de la classe moyenne et des revenus va se traduire par une augmentation du nombre de voitures sur les routes et une intensification de l’activité commerciale. On prévoit que la demande mondiale en énergie augmentera de 30 % environ entre 2014 et 2040. 

La quasi-totalité de cette croissance devrait provenir des pays non membres de l’OCDE, pour lesquels on prévoit une augmentation de la demande en transport de deux tiers environ. Dans ces pays, la hausse du nombre de voitures et véhicules lourds devrait plus que contrebalancer l’impact des carburants émettant moins, tandis que l’intensification de l’activité économique va provoquer l’augmentation des transports maritimes, aériens et ferroviaires. 

Dans les pays de l’OCDE, la demande en transport va décliner de 10 % environ jusqu’en 2040, indiquant un niveau de développement économique mature, une croissance modeste de la population et l’utilisation croissante de technologies qui perfectionnent l’efficacité des carburants sans sacrifier la mobilité.

Plus de voitures sur les routes, mais plus de kilomètres par litre de carburant.

Il y a aujourd’hui dans le monde plus d’un milliard de véhicules utilitaires légers (VUL).

L'OCDE32 possède environ 570 voitures par millier d’individus, une proportion qui reflète de hauts revenus, des marchés de l’automobile parvenus à maturité et des réseaux routiers modernes. Par contre, dans les pays moins développés, la pénétration des véhicules dans le marché est bien plus faible, 70 voitures par millier de personnes en moyenne. Au fur et à mesure de l’augmentation des revenus dans ces pays, il est probable qu’un grand nombre d'habitants achète un véhicule, certains pour la première fois. En fait, nous nous attendons à ce que la flotte mondiale des véhicules utilitaires légers approche les 800 millions d’ici 2040, 90 % de cette croissance se produisant en dehors des pays de l'OCDE32.

En tout état de cause, dans les pays en voie de développement, la pénétration des véhicules ne devrait représenter qu’environ un quart des niveaux de l'OCDE32 en 2040. Cette différence s’explique par la différence de revenu par habitant, mais d’autres facteurs entrent en jeu, comme l’utilisation intensive et croissante des motocyclettes dans les pays hors OCDE et l’expansion des réseaux de transports publics.

En règle générale, les voitures sont devenues plus économes en carburant, grâce aux changements des préférences de consommation et aux progrès technologiques continus, stimulés en partie par les règlementations, comme par exemple l’apparition de normes de rendement plus strictes pour les carburants. La voiture moyenne, sur route, consommera environ 5,2 litres aux 100 km en 2040, contre 9,4 l en 2014 .

A la suite de cette amélioration d’économie de carburant, la demande pour les véhicules utilitaires légers baissera de 40 % environ dans l'OCDE32, même si le nombre de véhicules devrait atteindre 95 millions environ (une augmentation de 15 %). Dans les pays émergents par contre, la demande destinée aux véhicules utilitaires légers devrait augmenter d’environ 50 %, l’amélioration de la consommation de carburant ne compensant qu’en partie l'augmentation du nombre de voitures. Sur le plan international, la demande en énergie destinée aux véhicules utilitaires légers devrait atteindre un sommet aux alentours de 2020, puis diminuer d’environ 10 % entre 2020 et 2040.

Les progrès réalisés en économie de carburant sont liés aux progrès technologiques. Comme exemples, on peut citer les véhicules utilitaires légers, avec l’utilisation de plastiques durables, l’amélioration des revêtements internes des pneus, des moteurs et des systèmes de transmission.

Les innovations résultent des préférences client. Les voitures d’aujourd’hui offrent de nombreuses fonctionnalités et performances et les acheteurs continuent à rechercher des véhicules qui correspondent à leurs besoins. Les véhicules électriques hybrides traditionnels (non raccordables) tendent à être les plus pratiques et abordables parmi les modèles les plus perfectionnés, offrant une économie de carburant de 30 % supérieure par rapport aux véhicules à essence conventionnels malgré les progrès réalisés par ces derniers. En fait, améliorer la consommation de carburant des véhicules à essence est l’une des manières les plus efficaces de réduire les émissions de GES, particulièrement si on les compare aux véhicules électriques. 

Nous nous attendons à ce que les ventes de véhicules hybrides conventionnels passent de 2 % en 2014 à 40 % en 2040. En 2040, le nombre d’hybrides raccordables et de voitures entièrement électriques ne devraient représenter que 10 % des ventes mondiales de nouvelles voitures .

Le transport lourd évolue en parallèle avec les échanges commerciaux

Nos prévoyons que les véhicules lourds deviendront le segment du transport le plus gourmand en énergie en 2030. Ceci n’est pas surprenant au vu du rôle du transport routier, indispensable à la vie moderne et à la croissance projetée de l’activité économique et commerciale. La demande mondiale énergétique destinée aux véhicules utilitaires lourds va augmenter d’environ 45 % entre 2014 et 2040 ; approximativement 85 % de cette croissance va provenir des pays non membres de l'OCDE32, où l’augmentation de l’activité est la plus forte.

Nous nous attendons à ce que la demande en Chine augmente d’environ 50 %, tandis que la demande en Inde passera à plus du double de son niveau actuel. La demande dans les « pays-clés » progresser de plus de 50 %. Cela signifie que l’augmentation qui est attendue dans ces 12 pays dépasse la demande actuelle de l’Amérique du Nord.

Aviation, marine, chemins de fer - les sous-secteurs à la plus forte croissance

Comme la croissance économique et l'intensification des échanges vont éperonner la demande en énergie destinée aux véhicules utilitaires lourds, les besoins en carburant des navires, avions et trains qui transportent les marchandises vers les usines et les biens vers leurs marchés se verront eux aussi démultipliés. Au total, la demande en énergie en provenance de ces trois sous-secteurs devrait croître d’environ 65 %. 

En fait, l’utilisation des transports par navires, avions et trains est appelée à croître d'une telle mesure que leur demande combinée en énergie devrait être égale à environ 85 % de l'énergie utilisée par les véhicules utilitaires légers en 2040, une progression nette par rapport aux 50 % de 2014. 

Nous prévoyons que plus de 90 % de la demande sera satisfaite par le pétrole jusqu’en 2040, reflétant les avantages qu’il offre en tant que source de carburant pratique, de forte densité énergétique et rentable capable de satisfaire la demande des trois sous-secteurs. 

Demande croissante en gazole

La plus large part du besoin énergétique de l’industrie des transports est aujourd’hui satisfaite par le pétrole, l’essence étant le carburant le plus utilisé. 

Nous prévoyons que les produits pétroliers continueront d'être prédominants en 2040 - ils devraient continuer à assurer près de 90 % des besoins énergétiques des transports - bien que nous nous attendions à ce que la part du gazole devienne nettement plus importante, en raison en grande partie de la forte expansion des transports commerciaux et de la demande relativement stable en essence.  Aujourd’hui, le gazole représente environ 35 % de l’ensemble des produits énergétiques utilisés pour le transport.  D’ici 2040, nous nous attendons à ce que cette part passe à 40 %, dépassant l’essence et reflétant une croissance d’environ 8 millions de barils par jour équivalent pétrole, soit près de 45 %. 

La plus grande partie du carburant diesel utilisé par l’industrie du transport - près de 80 % - est consommée par les véhicules utilitaires lourds. Les moteurs diesel sont bien adaptés à la traction de charges lourdes, et à l’avenir nous nous attendons à ce que le carburant diesel conserve sa prédominance dans le secteur des poids lourds.

Le diesel est également utilisé pour alimenter quelques véhicules utilitaires légers, ainsi que les navires et les trains. Parmi ces utilisations, la croissance la plus significative viendra sans doute du secteur maritime, de nouvelles normes d’émission encourageant l’introduction de carburants diesels à faible teneur en soufre pour remplacer le « mazout lourd ». Cette croissance se verra en partie neutralisée par un déclin de l’utilisation du carburant diesel dans les véhicules utilitaires légers, reflétant la préférence envers les voitures conventionnelles et hybrides.

La promesse du gaz naturel

Le gaz naturel s’avère très prometteur pour le secteur des transports ; il peut réduire les coûts en carburant et satisfaire également aux nouvelles exigences en termes d’émissions.  Aujourd’hui, le gaz naturel représente environ 2 % du total de la demande en énergie des transports, mais cette part est vraisemblablement appelée à monter jusqu’à 5 % en 2040.

La plus grande part de cette croissance viendra des véhicules lourds, un segment pour lequel le gaz naturel pourra présenter une option pratique pour réduire les frais de carburant. Bien que les camions conçus pour fonctionner au gaz naturel soient nettement plus chers que les camions diesel, des débouchés économiques peuvent se présenter dans les pays où le gaz naturel comprimé (GNC) ou le gaz naturel liquéfié (GNL) abondent. Nous nous attendons à ce que l’utilisation du gaz naturel dans l’industrie du transport routier augmente de près de 300 % entre 2014 et 2040, sa part de la demande pour les véhicules utilitaires lourds passant de 3 à 7 %.  Nous nous attendons à ce que la Chine et les États-Unis représentent environ 50 % de cette demande mondiale en 2040. 

Nous prévoyons que la demande en gaz naturel dans le secteur maritime augmente de manière significative, en raison des nouvelles normes d’émission. D’ici 2040, le gaz devrait représenter 10 % environ du total des carburants utilisés dans le secteur maritime, une hausse par rapport au taux actuel de moins de 1 % ; les deux tiers de cette croissance devrait venir des pays émergents.

Résidentiel et commercial

Chaque fois que nous allumons les lumières, un ordinateur, ou que nous ajustons le thermostat, nous contribuons à la demande dans le secteur résidentiel et commercial.

La demande énergétique des secteurs résidentiel et commercial est l’énergie que nous consommons chez nous et dans les immeubles commerciaux, magasins, centres commerciaux, écoles, églises et hôpitaux.

Même en tenant compte des amélioration du rendement énergétique, notre globe va nécessiter une bien plus grande quantité de cette énergie pour accommoder la croissance de la population et de la prospérité mondiales. La demande énergétique combinée des secteurs résidentiel et commercial devrait augmenter de près de 25 % entre 2014 et 2040.

Plus de logements = plus d’énergie

L’envolée du nombre des ménages en Asie et dans les autres pays émergents sera probablement le plus important facteur d’augmentation de la demande dans le secteur résidentiel. Au cours de la période étudiée dans nos Perspectives Energétiques, le nombre total de ménages du globe devrait augmenter de près de 40 %, 90 % de cette croissance se manifestant dans les pays émergents. Cette croissance va susciter de nouvelles demandes en énergie pour la maison, comme le chauffage et le conditionnement d’air, les télévisions et autres appareils, ainsi que l’énergie nécessaire pour alimenter les ordinateurs et les smartphones.

Lorsque les consommateurs deviennent plus prospères, ils recherchent habituellement un logement neuf et plus vaste. Ils peuvent aussi se permettre d'accéder à des technologies consommatrices d’énergie qui améliorent leur niveau de vie. Il faut se rappeler qu’en 1990, pratiquement aucun des ménages chinois ne disposait de conditionnement d’air ou de chauffe-eau. Aujourd’hui, pratiquement toutes les maisons en zone urbaine possèdent un chauffe-eau, et il y a en moyenne plus d’un conditionnement d’air par domicile.

Des foyers plus efficaces

Le futur verra les villes s’agrandir ; elles seront peuplées par un nombre grandissant de ménages, et un grand nombre de ceux-ci seront plus économes en énergie.  Sans les gains d’efficacité énergétique prévus, la croissance de la demande d’énergie émanant du secteur résidentiel aurait représenté le double de la projection actuelle.  

Selon l'Agence d'information sur l'énergie des États-Unis (Energy Information Administration ou EIA), le niveau d’intensité énergétique d’une maison individuelle aux USA a diminué de près de 20 % entre 1980 et 2009. Cette diminution s’est produite en dépit d’un agrandissement de la surface habitable des maisons approchant 25 %. Les pays émergents eux aussi font des progrès sur le plan de l’efficacité énergétique résidentielle. Par exemple, la Chine a mis sur pied des normes de conception qui varient en fonction des zones climatiques et visent à améliorer l’isolation et l’efficacité énergétique des fenêtres. 

Des carburants domestiques plus variés

Il faut malheureusement constater que, dans de nombreuses régions du monde, en particulier l’Afrique et l’Inde, les populations continuent à utiliser les combustibles de biomasse comme le bois et le charbon pour satisfaire aux besoins énergétiques résidentiels. Les combustibles issus de la biomasse intervenaient pour près de 40 % dans la demande d’énergie résidentielle en 2014.

D’ici 2040, on peut raisonnablement s’attendre à ce que cette part de la demande tombe à 30 %, des millions de gens accédant à la classe moyenne et migrant de la campagne à la ville. Ils accéderont ainsi aux carburants modernes tels que l’électricité, le gaz naturel et le gaz de pétrole liquéfié. Nous prévoyons que les ressources renouvelables telles que l’énergie solaire joueront un rôle accru dans la satisfaction des besoins énergétiques domestiques.

Cette évolution est positive pour les individus comme pour l’environnement, parce que les sources d’énergie modernes comme l’électricité et le gaz naturel sont près de cinq fois plus efficaces que les combustibles de biomasse traditionnels. 

Besoins commerciaux plus importants

Nous prévoyons que la prospérité et la croissance de l’urbanisation vont créer une demande accrue d’immeubles commerciaux, et tous ces bâtiments vont avoir besoin d’énergie.  D’ici 2040, la demande en énergie du secteur commercial est appelée à augmenter de 40 %. La majeure partie de cette croissance se produira dans les pays non membres de l’OCDE, pour lesquels il est estimé que la demande énergétique va doubler, les besoins en électricité augmentant de plus de 150 %.

L’éclairage est l’une des choses les plus gourmandes en énergie pour les immeubles commerciaux. L’apparition des ampoules fluorescentes compactes et, plus récemment, des ampoules électriques de nouvelle génération (LED) a contribué à réduire la demande énergétique du secteur. Pour la période allant jusqu’à 2040, les économies d’énergie venant de l’utilisation accrue d’ampoules LED devrait aider à ralentir la croissance de la demande en énergie due à l’accroissement de la superficie utile, spécialement dans les pays émergents.

La Chine et l’Afrique : un examen approfondi

Pour la période séparant 2014 de 2040, nous nous attendons à ce que la Chine et l’Afrique dominent la consommation énergétique résidentielle et commerciale. Chacun de ces pays représentera une part d’environ 30 % de la croissance mondiale pour le secteur. Cependant, bien que ces augmentations soient similaires pour les deux pays, les raisons en sont très différentes et illustrent la quantité de facteurs qui peuvent influer la demande en énergie du secteur résidentiel et commercial.

En Chine, les principaux déterminants sont la croissance des revenus et l’urbanisation. D’ici 2040, la part du PIB par habitant de la Chine devrait dépasser 40 000 dollars par an, ce qui est similaire aux niveaux des pays de l'OCDE32.

Dans le sous-secteur résidentiel, l’urbanisation et la hausse des revenus vont inciter les chinois à emménager dans de nouveaux logements neufs, moins surpeuplés et offrant plus de commodités exigeant énergie et électricité. D’ici 2040, près de 75 % des habitants de la Chine devraient être des citadins. Parallèlement à cette transformation, le nombre total de ménages en Chine devrait croître de 30 % jusqu’à 2040, et ce, alors que la population du pays n'augmentera moins de 5 %. En 2040, chaque demeure chinoise devrait loger en moyenne un peu plus de deux habitants.

Nous prévoyons que la demande en énergie domestique va augmenter de 25 % entre 2014 et 2040, et le sous-secteur commercial devrait connaître une croissance plus rapide encore. Nous estimons que la consommation énergétique triplera presque pour satisfaire la demande de services de proximités, de soins médicaux, d’éducation et autres services liés au revenu des individus.

En revanche, en Afrique, l'augmentation de la consommation énergétique sera due à la croissance démographique. Nous prévoyons que la grande majorité de la croissance de la demande en énergie résidentielle et commerciale en Afrique en 2040, viendra du sous-secteur résidentiel, le nombre de ménages étant amené à doubler pour atteindre près de 500 millions.

On prévoit que la population d’Afrique va s’accroître de 75 %. En 2040, le continent africain aura dépassé à la fois la Chine et l'Inde avec une population de près de 2 milliards. Près de 50 % des habitants de l’Afrique devraient vivre dans les villes, soit près de la même proportion que les Chinois actuellement. Par contre, prenant pour base un revenu projeté de 6 500 dollars par an, la part par habitant du PIB de l’Afrique représentera un-sixième du niveau atteint par la Chine en 2040, ce qui explique la taille relativement importante des ménages africains, plus de quatre personnes par ménage en 2040.

Les tendances de l’urbanisation et l’évolution des revenus aident également à expliquer la différence entre la Chine et l’Afrique en termes de combustibles utilisés à domicile et dans les entreprises. En général, les revenus plus élevés de la Chine lui permettent de favoriser l’électricité par rapport aux combustibles de biomasse pour chauffer les domiciles. Par ailleurs, l’électricité est indispensable aux immeubles commerciaux tels qu’écoles et hôpitaux. Nous nous attendons à ce que l’électricité représente la majorité de la demande énergétique résidentielle et commerciale en Chine jusqu’en 2040, mais seulement 30 % de cette demande en Afrique.

Industrie

Toyota, GE, Samsung, Bayer… et des milliers d’autres marques. Le secteur industriel représente les entreprises qui fabriquent une large gamme de biens de consommation qui caractérisent la vie moderne.

L’industrie fabrique l’acier, le ciment et l'asphalte pour nos villes. Elle fabrique les appareils domestiques, les véhicules et l’électronique qui servent les consommateurs et leurs familles et les produits agricoles qui nourrissent les populations grandissantes en toute sécurité. Le secteur industriel comprend également les entreprises qui produisent de l’énergie, comme ExxonMobil.

Au vu des dimensions de l’industrie mondiale, il n’est pas étonnant que le secteur industriel soit le plus grand consommateur direct d’énergie. Dans le monde, la part occupée par l’activité industrielle dans la demande énergétique primaire est de 30 % ; elle représente 50 % de la demande en électricité.

Vu la croissance de l’urbanisation et le développement de la classe moyenne des prochaines décennies, il n’est pas étonnant que la demande énergétique industrielle soit appelée à croître de manière significative. La consommation d’énergie industrielle est censée augmenter de 30 % environ entre 2014 et 2040. La plupart de cette croissance proviendra de deux sous-secteurs : l’industrie lourde et l'industrie pétrochimique. 

La fabrication industrielle de la Chine change de cap

La Chine a dominé le secteur industriel depuis les années 2000, qui marquent le début de l’expansion rapide de son économie et de la construction de son infrastructure, plus particulièrement dans les villes côtières. Entre les années 1970 et 2000, la demande énergétique globale du secteur industriel a augmenté d’environ 1,6 % par an. Toutefois, entre 2000 et 2014, la demande atteint une moyenne de 2,3 % par an, et plus de la moitié de cette croissance provenait de la Chine.

Au cours des dix dernières années, la Chine représentait environ la moitié de la production mondiale d’acier et de ciment. Ces deux industries sont parmi les plus gourmandes en énergie. La plus grande partie de cet acier et de ce ciment fut utilisée dans le pays. Elle servit à construire des routes, des ponts, des immeubles à appartements et des usines. Pendant ce temps, la population urbaine de la Chine s’est accrue et sa classe moyenne a augmenté. En fait, entre 2000 et 2014, 70 % de la croissance de la demande énergétique pour utilisation finale fut attribuée à l’activité industrielle. 

L’économie de la Chine poursuit sa croissance à un rythme relativement soutenu, près de 2,5 fois celui de l'OCDE32. Toutefois, l’économie de la Chine est entrée en phase de maturation et la demande énergétique de son secteur industriel devrait atteindre son point culminant aux environs de 2030.

Au cours de la période prise en considération pour nos Perspectives Energétiques, nous nous attendons à ce que l’Inde et les « pays-clés » soient en tête de la croissance de la demande industrielle , particulièrement le Brésil, l’Indonésie et l’Arabie Saoudite. Nous prévoyons que la croissance industrielle mondiale soit de l’ordre de 1 % par an en moyenne entre 2014 et 2040, les deux tiers de cette croissance se produisant avant 2025.

En faire plus avec moins d’énergie et des carburants plus propres

Tout comme les nouvelles voitures et maisons qui sont plus efficaces en énergie que celles des générations précédentes, les industries continuent à « en faire plus avec moins » grâce à de nouvelles technologies et de nouveaux processus. Par exemple, l’Association mondiale de l'acier (World Steel association) estime qu’il faut aujourd’hui environ 60 % moins d’énergie pour produire une tonne d'acier brut qu’en 1960. Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’intensité énergétique nécessaire pour produire le ciment va s’améliorer de 0,5 % par an, au gré des améliorations et de la modification des processus de fabrication.

L’efficacité industrielle s’est améliorée dans l’ensemble des régions. Cependant, les changements les plus spectaculaires se sont produits en Chine ; l’intensité énergétique de son secteur industriel s’est nettement améliorée au cours des 20 dernières années.

L’énergie épargnée et les émissions de gaz à effet de serre évitées sont des éléments positifs pour l’environnement, tout comme la diminution de l’intensité carbone de l’éventail de combustibles utilisés par l’industrie.

Étudions les tendances qui se dessinent dans l’industrie lourde, une catégorie qui comprend la fabrication du fer, de l’acier, du ciment, de l’aluminium et tout le secteur manufacturier. Jusqu’à 2040, les industries lourdes vont tirer une plus large part de leur énergie du gaz naturel et de l’électricité et moins du pétrole et du charbon.  Le charbon, qui en 2014 représentait 35 % de la demande énergétique de l’industrie lourde, aura chuté de 25 % d’ici 2040. En Chine, qui est le plus grand consommateur de charbon au monde, l’industrie lourde tirera environ 45 % de son énergie du charbon en 2040, une baisse par rapport aux 60 % de 2014.

La polyvalence et la facilité d’utilisation du gaz naturel devraient l’aider à augmenter sa part de la demande industrielle lourde, la faisant passer de 15 % aujourd’hui à plus de 20 % en 2040.  Le fait d’utiliser l’électricité pour alimenter les moteurs, les systèmes de commande et la robotique présente le double avantage d’améliorer l’efficacité tout en augmentant la productivité, de par l’utilisation de méthodes de fabrication modernes, particulièrement dans de nombreux pays non membres de l’OCDE qui de nos jours dépendent encore du charbon. 

Les produits chimiques et la classe moyenne

Les produits chimiques font partie intégrante de la vie moderne. Ils sont les éléments constitutifs des plastiques, qui se trouvent dans presque tous les produits de consommation. Par exemple, les voitures produites de nos jours contiennent environ 50 % de plastique. Les plastiques sont également utilisés pour l’emballage, l’électronique, les matériaux de construction et les fournitures médicales. La demande énergétique dans le secteur de la chimie devrait augmenter d’environ 50 % pendant la période de 2014 à 2040, induite par la hausse du niveau de vie dans les économies émergentes.

La majeure partie de cette hausse devrait se produire en Chine, en Inde et dans « les pays-clés ». Les États-Unis sont aussi susceptibles de connaître une augmentation de la demande à un moment où leur industrie chimique tente de profiter de l’avantage que représente l’augmentation de la production des gaz et du pétrole de schistes. Cet avantage est double, puisque les producteurs chimiques utilisent le pétrole et le gaz naturel de deux manières : en tant que carburant et en tant que matières premières. 

Dans le monde, 60 % environ des produits énergétiques destinés au secteur chimique sont utilisés comme matières premières. Le naphte, un dérivé pétrolier, a joué le rôle de principale matière première dans le monde depuis des décennies, et il représente encore 55 % du marché. Cependant l’augmentation relativement forte de la production de gaz naturel a poussé le monde à reconsidérer sa palette de matières premières en favorisant l’éthane et le gaz naturel liquéfié (les GNL). 

Les GNL représentent aujourd’hui plus de 40 % des matières premières de l’industrie pétrochimique et d’ici 2040, on s’attend à ce qu’ils soient utilisés autant que le naphte au niveau mondial. Certaines différences vont cependant persister au niveau des régions : en Amérique du Nord et au Moyen-Orient, on continuera à utiliser les gaz naturels liquéfiés comme matières premières en pétrochimie, alors que les pays de la zone Asie Pacifique continueront à utiliser principalement le naphte.

Le gaz naturel devrait rattraper le charbon pour la production d’électricité

L’électricité est une forme secondaire d’énergie, ce qui signifie qu’elle doit être produite par l’utilisation d’une autre source d’énergie. Aujourd’hui, sur le plan mondial, les carburants utilisés dans la production d’électricité sont, par ordre d’importance : le charbon, le gaz naturel, l’énergie hydroélectrique, le nucléaire et les renouvelables modernes telles que les énergies éolienne et solaire. Il existe toutefois des variations importantes entre les pays et les régions. Par exemple, la Chine produit 70 % de son électricité à partir du charbon, alors qu’en Europe, ce chiffre est tombé à 25 %.

Chaque nation, chaque pays continuera à choisir l’éventail de combustibles et de carburants qui lui convient le mieux. Ces décisions seront basées sur une multitude de facteurs, par exemple : sécurité énergétique, coût et disponibilité des carburants, qualité de l’air et émissions. Beaucoup de régions vont essayer de réduire les émissions de carbone, souvent en passant du charbon au gaz. D’ici 2040, nous nous attendons à ce que la proportion d’électricité produite par le gaz naturel augmente de 30 % environ et égale à peu près la quantité d’électricité produite à partir du charbon. Nous prévoyons aussi que le charbon reste important dans certaines régions, spécialement dans celles où le gaz n’est pas aisément disponible et les impératifs économiques sont prépondérants. Par exemple, on estime que la proportion d’électricité produite en centrale charbon va augmenter en Inde de 150 % au cours de la période de 2014 à 2040.

La dépendance du monde à l’égard des centrales charbon maintiendra la pression pour réduire les émissions dans ce secteur. Les pays sont à la recherche de solutions pour réduire les émissions, particulièrement celles qui sont causées par l’utilisation du charbon. Certains envisagent de capter le CO2 et de le conserver dans des réservoirs souterrains ; toutefois, les technologies de captage et de stockage du carbone se heurtent à de sérieux obstacles économiques et pratiques qui vont sans doute en empêcher la diffusion.

Le nucléaire, l’éolien et le solaire sont également en croissance

La quantité d’électricité produite en centrale nucléaire devrait plus que doubler entre 2014 et 2040. La plus grande partie de cette croissance devrait venir de Chine, qui intensifie le nucléaire pour réduire sa dépendance vis-à-vis du charbon.

Nous nous attendons aussi à voir l’éolien et le solaire enregistrer une forte croissance, qui sera soutenue par des politiques qui favorisent ou imposent leur utilisation. Nous prévoyons que l’éolien et le solaire représenteront plus de 10 % de la production mondiale d’électricité en 2040, en hausse de 4 % par rapport au taux de 2014. Il importe de se souvenir que ce sont là des moyennes mondiales, l’utilisation de l’éolien et du solaire variant largement d’une région à l’autre.

Bien que l’éolien et le solaire puissent sembler gratuits, des investissements significatifs sont nécessaires pour construire les installations qui transforment ces énergies en électricité. Qui plus est, et parce que la présence du vent et du soleil est intermittente, ces installations ne fonctionnent qu’à une fraction de leur capacité et elles doivent être appuyées par d’autres sources de production, habituellement le gaz naturel, pour pouvoir assurer un approvisionnement continu en électricité. Bien que le coût des batteries ait considérablement baissé, elles restent trop coûteuses pour être considérées avec les renouvelables comme une source de production de base.

Les pays ont des attitudes différentes vis-à-vis de la réduction des émissions atmosphériques

La production d’électricité est la principale source d’émissions de CO2 dans le monde et il n’est donc pas étonnant que les pays cherchent des manières de réduire les émissions dans ce secteur. Bien qu’un large éventail d’options soit disponible, les meilleures sont habituellement celles qui apportent la plus forte réduction des émissions pour le coût le moins élevé pour le consommateur.

Nous estimons que dans certains pays, comme les États-Unis, la meilleure option est actuellement le gaz naturel. L’Agence d’information sur l’énergie des États-Unis a constaté que, sur le 1,6 milliard de tonnes d’émissions CO2 qui ont été évitées dans le secteur de l’énergie électrique entre 2005 et 2013, plus de 60 % étaient venus de la substitution du charbon et du pétrole par le gaz naturel, tandis que moins de 40 % étaient venus de la croissance des techniques de production qui n’ont pas recours aux hydrocarbures, telles que l’éolien et le solaire.

Dire que le gaz naturel, un carburant fossile, peut être un outil efficace pour réduire les émissions de carbone peut sembler contraire à la logique ; pourtant le gaz, source d’énergie fiable, évite le problème de l’intermittence et dégage 60 % de CO2 de moins que le charbon lorsqu’il est utilisé pour la production d’électricité.

Aux États-Unis, les entreprises de services publics et autres producteurs d’électricité ont augmenté leur utilisation de gaz naturel au cours de la dernière décennie, profitant de la croissance rapide de la production de gaz naturel non conventionnel domestique. Au cours de cette période, la rentabilité de la production électrique par utilisation du gaz naturel a encouragé les producteurs américains à substituer le gaz naturel au charbon ; ce changement de carburant a abouti à une baisse de 15 % des émissions de CO2 occasionnées par le secteur de la production d’électricité.

D’autres pays ont adopté une approche plus « descendante », favorisant certaines technologies par rapport à d’autres, pour modifier la combinaison de carburants utilisés pour la production d’électricité. L’Allemagne a par exemple instauré des mesures politiques fermes pour augmenter l’utilisation des renouvelables, tout en abandonnant progressivement le nucléaire.

Les États-Unis comme l’Allemagne ont enregistré une baisse des émissions. Selon les données recueillies par le gouvernement américain, dès 2012, l’intensité CO2 de l’électricité distribuée aux États-Unis s’est avérée inférieure à celle constatée en Allemagne, parce que les États-Unis ont connu une amélioration environ trois fois et demie supérieure à celle de l’Allemagne entre 2005 et 2012. Pendant que ces transitions s’opéraient, le coût de l’électricité a augmenté beaucoup plus vite en Allemagne qu’aux USA au cours de la dernière décennie.

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